Dans cette partie du document nous donnons quelques propositions issues des
réflexions menées par les fidèles de Paris sur les voies et moyens nécessaires
au renforcement et à la dynamisation des structures de la Communauté de Cheikh
Al Islam.
3.1 Effectuer un recensement mondial
Notre communauté des fidèles de Baye est sans doute l’une des plus importante en
nombre et l’une des plus dispersées géographiquement ; mais aujourd’hui, nul ne
sait avec précision combien ils sont et où ils vivent. Ce que l’on peut affirmer
sans se tromper c’est qu’on en trouve dans toutes les régions du monde et que
leur nombre se chiffre en dizaines de millions. Le recensement de cette
population est une nécessité.
Une façon de procéder, également expérimentée en France, consiste à distribuer
aux fidèles un formulaire de renseignement à remplir (cf. 4 Annexe) et qui
permet de recueillir les informations personnelles telles que le nom, le prénom,
la date de naissance, la profession, la nationalité ainsi que les coordonnées
(téléphone, email, adresse postale). Ces fiches sont ensuite collectées par des
responsables locaux en charge de les transmettre à une unité de centralisation
dont le rôle serait de contrôler et d’intégrer les fiches reçues dans une base
de données globale des disciples de Baye.
L’Association « Les Talibés de Baye en France » travail actuellement ce chantier
en collaboration avec les fédérations nationales.
3.2 Créer un organigramme
La mise en place d’un organigramme précis et géographiquement hiérarchisé
faciliterait la coordination des dahira à travers le monde. Il serait alors plus
simple de mobiliser les ressources humaines et financières disponibles au
service de la Communauté.
Cet organigramme serait une sorte de découpage administratif semblable aux
structures des états avec des responsables élus ou cooptés ayant des
attributions précises.
Avec cette structuration en organigramme :
Les disciples seraient regroupés en Dahira contrôlés par les
moukhadams
lesquels seraient assistés de fidèles ayant des compétences administratives,
managériales, techniques, littéraires, en un mot : des personnes permettant de
travailler de façon moderne et productive.
Les dahira regroupées en Fédérations au niveau des agglomérations ou des
régions en fonction de la pertinence numérique et/ou géographique.
Les fédérations regroupées en Fédérations de fédérations dans chaque Pays.
Médina Baye serait le nœud au sommet de cette hiérarchie et garderaient un œil
sur les fédérations nationales et sur leur fonctionnement en définissant
notamment la politique générale à mettre en œuvre au niveau des sous structures.
3.3 Structurer le financement de la Communauté
Collecter des cotisations au niveau le plus bas de la hiérarchie (dahira) et
ventiler les sommes collectées selon une répartition à définir (ex. 25 % dans
les caisses de la dahira, 25 % dans les caisses de la fédération de la ville, 25
% dans les caisses de la fédération du pays, 25 % dans les caisses de Médina
Baye).
Doter systématiquement chaque organe (dahira, fédération, fédération de
fédération et Médina Baye) d’un compte bancaire dédié à la gestion des montants
perçus.
Limiter le plus possible l’intervention humaine dans les transactions
financières en les automatisant entre les dahira et les fédérations mais aussi
en direction de Médina Baye (virements bancaires avec traces : X francs le jour
J du mois M, clairement établis et tracés)
3.4 Développer la communication
La communication, comme nous l’avons constaté avec la structure parisienne, est
un important facteur de qualité dans la gestion d’une communauté dispersée. Elle
est également un instrument très utile au service du rapprochement des disciples
dans le monde.
3.4.1 Généralisation de l’outil de gestion de Paris
Il est dès lors nécessaire de doter la Communauté d’un système de communication
globale capable de capter l’attention des fidèles et de les toucher rapidement
où qu’ils se trouvent dans le monde. A ce titre, l’expérience de Paris peut
servir de pilote pour la généralisation du système de communication qui y est
expérimentée (cf. §2.4.2).
La création d’une liste de diffusion mondiale (une des applications possibles du
recensement) serait en effet un instrument de coordination très pratique. On
peut imaginer par exemple un disciple de Baye, émigré quelque part aux
antipodes, recevant un mail ou un SMS sur son mobile l'informant d'un évènement
ou d’une instruction du Calife aux fidèles.
3.4.2 Journée Mondiale Cheikh Al Islam
Notre communauté a toujours négligé l’importance des médias dans sa visibilité
et sa reconnaissance. De plus, il serait extrêmement profitable de mener de
grandes opérations médiatiques pour renforcer la diffusion du message de Cheikh
Al Islam et son enseignement. La médiatisation est aussi un moyen de se
positionner dans les rapports de force sociologiques et politiques qui, comme
chacun le sait, conditionnent nos rapports avec les autorités publiques.
L’instauration d’une JOURNEE MONDIALE CHEIKH AL ISLAM IBRAHIM NIASS, célébrée
tous les ans, à une date fixe, dans tous les pays du monde sous la houlette des
fédérations locales, serait une formidable occasion de diffuser le message de
Baye et de faire connaître la Communauté à travers le monde. Elle serait aussi
un moyen d’encourager la structuration des communautés locales et la création de
nouvelles dahira.
Cette journée serait marquée par des conférences, avec la participation de
spécialistes du monde universitaire ayant travaillé sur la vie et l’œuvre de
Baye ; des expositions ; des interventions dans les mass media (publication
d’articles dans les quotidiens et sur des sites d’information, interviews et
émissions sur les radios périphériques et les média internationales). Il s’agit,
le temps d’une journée dans l’année, de faire parler de Cheikh Al Islam partout
sur la planète ou, au moins, dans quelques grandes métropoles du monde à forte
exposition médiatique (Dakar, Lagos, Le Caire, Londres, New York, Paris, Rome,
etc.). Et, bien entendu, intégrer la dimension liturgique avec des séances de
Zikrs, de récitation du Coran, des causeries, etc.
Une étude préalable serait nécessaire pour la préparation de ce genre de projet
ainsi que des démarches auprès des média, des chercheurs ayant fait des
publications sur Baye, des gouvernements ou organisations internationales (OCI,
UNESCO, UA …) pour solliciter leur concours logistique ou scientifique.